Rodin, Géricault et Poujol : les satisfactions.
Une finale à l’image de la saison : médiocre.
La pluie avait reporté la finale dimanche dernier, et aujourd’hui ce ne fut guère mieux, sans eau toutefois même pas pour arroser la piste qui en avait bien besoin.
Froid et nuages avaient peut être retenu quelques aficiouna, mais pas de quoi justifier la petite affluence pour une finale (environ 5 à 7 000 personnes).
D’autres courses avaient lieu, déjà programmées et qui ont du retenir quelques spectateurs, mais aussi ceux qui déçus par la manière pour le moins ambiguë employée pour monter cette course et les répercutions que cela a pu avoir sur l’élection du Biou d’Or, nous parlons de l’absence de Andalou comme en témoignaient les nombreuses banderoles.
Comme d’habitude, une capelado haute en couleurs et qui a été le seul point à faire l’unanimité.
Défilaient donc, appelés dans l’ordre du classement, les neuf premiers valides à savoir : Auzolle, Four, Benafitou, Marquier, Ouffe Clarion, Moutet, Outarka et Gleize plus l’invité du jour H. Poujol. Cinq tourneurs venaient compléter une équipe qui sera responsable de la médiocrité de la course. Ils ont été incapables de donner du rythme, instaurant de pénibles temps morts dont les cocardiers ont été les plus pénalisés, mais aussi un public qui a du se retirer bien déçu. Le seul à ne pas mériter la critique c’est H. Poujol, remarquable de Classe et qui nous a offert les seuls bons moments, comme un éclair dans cette grisaille générale.
En piste, il s’élèvera contre une initiative malheureuse, qui fut celle de faire jouer la musique par la Peña durant la course des cocardiers. Nous le suivons dans cette position car même si nous étions dans l’amphi romain, rien à voir avec la corrida, ne mélangeons pas les genres et cette musique gênait tout le monde à commencer les acteurs en pistes qui ont besoin de se parler et qui ne s’entendaient pas.
Trois ficelles levées seulement, ça en dit long sur le travail des hommes, même si l’une d’elle a valu la coquette somme de deux milles euros à A. Benafitou.
Ce travail défaillant, insuffisant mais aussi de piètre qualité a faussé la course car les cocardiers valaient bien mieux que ce qu’ils ont donné aujourd’hui, sauf Yvan peut être qui n’était pas du tout dans le coup.
Le biou d’Or nous est apparu un peu émoussé, à moins que la piste Nîmoise ne l’inspire pas plus car sa dernière sortie dans cette arène avait été moyenne bien que meilleure qu’aujourd’hui. Embrun, Pasteur et Mathis égales à eux-mêmes, quand à Géricault, il fera une excellente prestation comme Rodin qui lui sera dominateur.
La remise des prix en piste consacrera donc L. Auzolle vainqueur du trophée des as et Championnat de France As Elite I, c’est sa seconde victoire après 2007, B. Villard conservant la seconde place malgré sa blessure hier à Bellegarde. B. Four finit troisième, mais blessé par Pasteur, il ne finira pas la course.
Côté taureaux, bien sûr Guépard est couronné d’Or pour cette saison 2010, bravo à Pierre et à la famille Cuillé qui font le doublé avec le biou de l’avenir.
Quand au prix de la finale, il est attribué à Rodin, encore une fois le meilleur, même si Géricault sorti premier ne devait pas être loin.
Heureusement que J. Valentin au micro a su meubler les temps morts avec de somptueuses primes, trop parfois !!!
Et comme au Grau du Roi, une belle bronca accompagne la directrice du trophée dans sa chevauchée pleine piste.
Voyons la course en détails.
Géricault (Chauvet)
Aux rubans, il se déplace bien et conclu même à plusieurs reprises. Puis aux ficelles, s’il continue de bien utiliser la piste, il se place et durcit sa course. Il faut aller le chercher et peu de blancs s’y risquent. Les réactions ne sont pas anodines et les finitions particulièrement dangereuses.
Un premier parfaitement à l’aise dans cette grande piste et incontestablement, il en est sorti grandi. Il rentre ses deux ficelles avec sept fois les honneurs rentrée comprise.
Embrun (Nicollin)
Il se déplace bien et ne sera jamais mis en difficulté. Si la corne est dangereuse à l’arrivée, elle l’est tout autant au contact avec son coup de tête. S’il est régulier dans sa prestation, ses point forts le seront face à H Poujol qui le cite et le tire à merveille. Leurs expériences respectives fusionneront pour de belles actions. Il rentre ses ficelles, cinq Carmen plus retour.
Pasteur (Fabre-Mailhan)
Toujours adossé aux planches, il change souvent de terrain. Sixième, il coince la jambe à Four qui devra définitivement sortir.
Sur les séries, il est plus coopératif, mais pour avoir des séries il faut un premier… et c’est là le plus difficile car il faut le rentrer. Les hommes ne le faisant pas ou peu, le manque de spectacle serait plutôt à mettre sur le dos des raseteurs. Il rentre son second gland en musique.
Guépard (Cuillé)
Le biou d’Or était attendu, comme tous les biou d’Or, et il décevra un peu.
Il ne s’arrête que rarement, ce qui rend tout départ risqué. Et comme il anticipe en plus et que ses finitions sont criminelles, le provoquer devient une entreprise à haut risque. Pourtant on s’apercevra rapidement que Guépard n’a pas la grande forme et les hommes le mettront un peu en difficulté car il n’avait pas le mordant habituel.
La première ficelle partira sans éclat particulier, quand à la seconde, elle va monter vertigineusement jusqu’à deux mille euros avant de rentrer.
Sept Carmen au total, avec la rentrée, pour une sortie en demie teinte.
Yvan (Pantaï)
En venant se positionner au centre durant plus de deux minutes, on a vite compris qu’Yvan n’avait pas trop envie de se battre.
Où étaient ses anticipations fulgurantes et ses poursuites criminelles ?
Même si les hommes ne l’ont pas beaucoup aidé, Yvan n’était que l’ombre de lui-même.
Il rentre ses ficelles dans un silence absolu.
Rodin (Les Beaumelles)
Comme toujours, idéalement placé il attend. Il décourage les premières tentatives avec de superbes anticipations. Puis, enfin, Auzolle dans un vrai raset lui fait la cocarde. On pensait que la bagarre allait s’engager ! Rien du tout, Rodin va s’ennuyer et nous avec tant il a pétrifié ses adversaires, il est vrai pas très entreprenants.
J. Valentin essaiera à coup de cinquante Euros de meubler les temps morts et motiver les blancs. Mais Rodin devra attendre la dernière minute et une ficelle qui grimpe à deux mille Euros pour voir enfin bouger ses adversaires et pouvoir s’exprimer, ce qu’il fera magistralement.
Il rentre la seconde et entend Carmen pour la quatrième fois.
Mathis (Lautier)
Il alterne, comme d’habitude, des cites moins appuyés avec des répliques plus percutantes et conclues spectaculairement.
Mais les hommes ont capitulés, Mathis s’ennuie et la course s’enlise.
En anticipant, il oblige Auzolle à rompre et il faudra comme pour Rodin attendre la dernière minute pour avoir un peu d’animation. Il conserve une ficelle sans avoir vraiment combattu, 6 Carmen plus rentrée.
Courrejau
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