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  Après une intersaison très mouvementée, nous avons voulu savoir où en était la FFCC          

                                                                                                                                                                    

                                                     Interview se Cyril Daniel, président de la FFCC

 

1/ Suite au séisme de ce printemps, le comité directeur a subit plusieurs hémorragies, qu’en reste-t-il ?

Aujourd’hui le comité directeur est réduit par rapport à celui des 45 initialement élus, mais il compte assez de personne pour faire fonctionner la fédération. Le tout est d’avoir envie de s’investir et de vouloir une évolution. On peut nous reprocher l’absence de gens de métiers, des certaines parties prenantes, mais ils y étaient, personnes ne les a mis à la porte, ils sont partis d’eux-mêmes.

D’ailleurs, dans la mesure du raisonnable tout de même, la porte est ouverte aux personnes licenciées qui souhaitent intégrer les commissions car c’est bien là que ce fait l’essentiel du travail. 

2/ Cette saison a été marquée par une absence de l’autorité fédérale, pourquoi ? Avec quelles conséquences ?

Suite à la démission de son poste de président d’Henri Itier et de l’ensemble de son bureau, la direction de la fédération a été confiée à son Vice Président, Jacques Mailhan qui s’est entourée de Benjamin Villard et Bruno Pécout et ce jusqu’aux élections du  6 juin aux Saintes Maries de la Mer (ayant pour but le remplacement des 8 démissionnaires du comité directeur), des élections qui,  il faut le dire ont privé quelques 200 licenciés de leur droit de vote suite à mode de scrutin choisit. Après un jour de présidence de Pierry Vidal, nous voici arrivé sur le devant de la scène lors du comité directeur du 07 juillet.

Vous prétendez qu’il ya eut une absence de l’autorité fédérale. En l’état actuel de push comme il y a eut lors du congrès des Saintes Maries de la Mer, que pouvions nous réellement faire. La saison avait commencé depuis des mois, on était aux portes du grand rush de juillet et août. Il fallait recomposer l’ensemble des commissions,  mettre un peu d’ordre dans une fédération quasi livrée à elle-même depuis quelques temps... Je peux vous dire que ça n’a pas été facile de remettre les choses en place et on en découvre tous les jours.... Des règlements imposés sur le dopage et non mis dans notre règlement, des dossiers en cours notamment en justice dans une affaire ou la fédération, c’était porté partie civile, sans parler des disfonctionnements internes, des factures à régler.

Nous sommes conscients que certains agissements inadmissibles se sont déroulés, certains propos ont été tenus. D’ailleurs nous avons eu à nous en entretenir à la Direction Régionale des Sport de Montpellier avec la responsable ministérielle du dossier course camarguaise venue spécialement de Paris à cette fin.

 

3/ Te considères-tu comme un président intérimaire ou bien as-tu l'intention de jouer un rôle dans le futur ?

Être homme de paille, cela ne m'a jamais intéressé, tant dans ma vie personnelle que professionnelle. Dans le marasme actuel, je ne vois comment ma passivité et celle de mon équipe peut-être envisageable. Nous ne sommes pas venus là pour rester sur l'échec fédéral de nos précurseurs. Nous nous devons, ainsi que nous l'a demandé lors de nos différentes rencontres notre ministère de tutelle au risque d'en perdre la reconnaissance et la délégation de service public à la fois ramener le calme, fédérer mais aussi faire évoluer dans le bon sens les choses. Voilà à quoi nous allons nous attacher dans un premier temps jusqu'aux prochaines élections fédérales du printemps 2013... Le futur, je n'y ai pensé que très succinctement. 

4/ Quelles sont les priorités, aujourd'hui de la Fédération ?

La première des priorités est la recherche de nouveaux financements pour pallier aux subventions bloquées ou perdues à ce jour du fait de la tempête dernière. Nous manquons d’autofinancement. Cela devra impérativement passer par une augmentation de nos recettes ou une diminution des charges (de fonctionnement et de personnel). Plusieurs pistes sont à ce jour à l'étude et ferons et proposerons ce qu’il faut pour les mener à terme. Pour faire stopper les rumeurs entendues notre revue mensuelle, avec une salariée à temps plein ne coûte rien. Elle s’autofinance et n’est pas déficitaire.

La seconde des priorités est de parvenir à retrouver la confiance "des politiques" et de redonner à la Fédération toute sa crédibilité et surtout la maintenir au niveau que notre prédécesseur l'avait hissé.  

5/ L'essentiel a été sauvé, mais tout est à reconstruire. Dans ce cadre, les statuts et notamment les modalités de vote sont-ils à l'ordre du jour de vos travaux.

Je serais censé de répondre, plus que jamais. Effectivement, l'étude et la modification des statuts et les modalités du mode de scrutin pour toutes les élections fédérales quelles qu'elles soient (Comité Directeur dans son intégralité, remplacement de membres démissionnaires, approbations des rapports lors des congrès) fait partie des travaux en cours en collaboration avec des manadiers, des raseteurs, des hommes de loi et des membres du comité directeur. Bons nombres de propositions ont d'ailleurs été envoyés au Ministère afin d'en connaître la légalité...

Mais rien ne pourra être modifié sans approbation du Comité Directeur et de l'Assemblée Générale.  

6/ On voit déjà des organismes prendre des décisions pour la saison prochaine, se substituant ainsi à la fédération. Va-t-on laisser faire ou prendre la main ?

Non !!!! Je vois très bien ce dont tu veux parler. Un accord cadre avait été passé entre la Fédération et les Journaux partenaires du Trophée Taurin. A ce jour, cet accord cadre est toujours en place. Nous avons demandé à rencontrer mi-septembre les directeurs de ces journaux pour en discuter, en voir les points positifs et négatifs et si nécessaire y apporter les modifications utiles. Occupés par l'organisation des finales nous a t-on répondu, nous ferons le point en début d'année. Nous avons appris par voie de presse que l'expérience 2011 sur la comptabilisation pour le classement final des 30 meilleurs (pour les as) et 40 (pour l'avenir) courses ne serait pas reconduit car cela n'a rien changé au résultat final. Alors puisque cela n' a rien changé, pourquoi l'abandonner et faire machine arrière ou toute équité entre les raseteurs (qui en avaient été les demandeurs) était inexistante. Une équité quand même incontournable dans toute discipline sportive il me semble.

Une rencontre prochaine avec les co-directrices du trophée taurin devrait déboucher sur un compromis, même s’il ne faut pas perdre de vue que la Fédération est l'organisme officiel le seul accrédité à établir les règles de notre sport

 

7/ La fédération, comme son nom l’indique, doit jouer un rôle fédérateur et dirigeant. Ou en êtes-vous aujourd’hui ?

Plusieurs rencontres, plusieurs échanges ont eut lieu. Les premiers reçus ont été les juges de piste suivis des responsables départementaux des délégués suite aux problèmes du contrôle anti-dopage effectué le 15 août dans les arènes du Grau du Roi. Puis ce fut au tour de l’Association des Eleveurs de Taureaux de Courses Camarguaise (Celles de J. Mailhan des manadiers d’abrivado ayant décliné le rendez-vous). Après plusieurs reports, nous nous sommes rendus à Pont de Rousty à la demande du Conseil d’Administration de l’association des manadiers de Jacques Mailhan. Tout dernièrement, les représentants de l’ACTO et de l’UCTI  et les raseteur (N Noguera, H Poujol, B Villard, H Fadli et L Auzolle) ainsi que Jacques Mailhan, Jacky Maurin ont été reçu dans les locaux de la fédération pour nous faire part de leurs propositions sur leur travail accompli sur la réforme des statuts et du mode de scrutin. Reflexion qui d’ailleurs sera prochainement soumise à la commission de travail.

Alors vous voyez quand on dit que la porte de la Fédération est fermée et que l’on ne peut pas discuter......

 

8/ Dans ta conception, comment définis tu le rôle de la fédération ?

La fédération comme son nom l’indique est là pour diriger, gérer, édicter les règles du jeu et surtout les faire respecter.

Aujourd’hui, notre principale lacune demeure en ce dernier point. Même si la commission de discipline est constituée, elle rencontre pas mal de difficultés dans son fonctionnement résidant dans la constitution des dossiers. En effet, cette dernière doit s’appuyer sur, outre la feuille de course du délégué, des rapports effectués par les témoins de l’événement. Et c’est là que le bas blesse. Tout le monde voit, entend, mais au moment de rédiger les comptes rendus, personne ne veut se mouiller... Second point sur lequel nous allons nous pencher est sur la longueur des prises de sanctions...

 

9/ Globalement, quels enseignements tires-tu de la saison 2011 ?

 

L’enseignement premier est qu’encore la fédération pourtant âgée de plus de 35 ans n’est pas dans la mesure d’affirmer son identité et son autorité envers les différents acteurs de la course camarguaise. Elle est toujours tributaire de certaines personnes qui ne veulent rien faire pour évoluer dans le bon sens. On veut de la réglementation, on veut des sanctions, mais toujours chez les autres, jamais chez soit. On a l’impression que personnes n’a encore compris que les nerfs de la guerre, c’est le public sur les gradins ; et que le jour ou il n’y en aura plus, il ne faudra plus venir pleurer si toute notre économie s’effondre avant de progressivement disparaître.  Je ne parlerai pas ici de la disparition de notre tradition ancestrale que nous n’aurons pas été capable de maintenir, de perpétuer et d’inculquer aux générations futures.

 

10/ Quel message as-tu envi de faire passer aux acteurs de la course camarguaise ?

Tout d’abord que la fédération n’est pas là pour embêter qui que ce soit. Elle dépend du Ministère de la Jeunesse et des Sports depuis 1975, elle a des règle à tenir, des comptes à rendre annuellement tant à ses licenciés qu’à son ministère de tutelle.

Ensuite qu’il faut que chacun prenne conscience de la richesse de notre patrimoine, un patrimoine culturel, génétique et sportif qui ne pourra continuer ou se développer sans une réelle prise de conscience et nos acteurs qu’ils soient manadiers, raseteurs, tourneurs et organisateurs sans toutefois perdre du vue que quantité et qualité n’ont jamais fait bon ménage. Doit-on se pencher sur le calendrier ? Pour manadiers et raseteurs non pour les organisateurs oui Pourtant c’est bien eux qui en font la programmation ?

 

 

                                                                                                                                                      Propos recueillis par E. Grande

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